L’affaire Fredette

Le 14 septembre 2017, une alerte Amber (alerte aux enfants enlevés) a tenu le Québec en haleine durant 24 heures, soit la plus longue qu’ait connu la province. C’est le 15 septembre qu’Ugo Fredette, à l’origine de cette alerte, est retrouvé en Ontario, avec le jeune enfant, âgé de six ans, porté disparu.

Ce dernier est sain et sauf.

La veille, le corps de Véronique Barbe, mère du petit et conjointe de Fredette, est retrouvé à la résidence du couple à St-Eustache. Parallèlement, le corps d’Yvon Lacasse, jusqu’alors porté disparu, est retrouvé, à Arundel, dans les Laurentides, cinq jours suivant l’arrestation du suspect.

Un drame conjugal et passionnel qui rappelle la pénible affaire Turcotte aux québécois.

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Image issue de reportage TVA

Un missionnaire des disparitions

Ugo Fredette était pourtant connu pour son empathie et sa sensibilité envers les dossiers de disparition non résolus. L’homme âgé de 41 ans combinait deux occupations : il travaillait comme exterminateur et également sur des plateaux de documentaires portant sur le sujet d’enlèvement.

Il a d’ailleurs participé à la réalisation de plusieurs documentaires portant sur la disparition, notamment sur celle de Cédrika Provencher.

Aptitude à comparaître

Suite à son arrestation, il tente de s’enlever la vie, dans sa cellule du poste de police de la ville de Renfrew, en Ontario. Transféré à l’hôpital Civic d’Ottawa, il passe trois jours dans un coma, suite à une anesthésie.

À son réveil, il est transféré à l’hôpital de St-Eustache, pour ensuite être admis au centre de détention de St-Jérôme, dans l’attente de son procès.

Après avoir subi plusieurs examens et évaluations psychiatriques, M. Fredette est considéré apte à comparaître devant le tribunal.

Qu’est-ce que l’inaptitude à subir un procès?

Le Code criminel définit l’inaptitude à subir son procès. Il désigne un accusé qui, pour des raisons de troubles mentaux, est incapable d’assurer sa défense ou de communiquer avec l’avocat de la défense, qui doit le représenter en Cour.

Par exemple :

La personne ne comprend pas, ou n’est pas en mesure:

  • de comprendre, sa présence dans une salle d’audience, ni le rôle des personnes qui s’y trouvent (avocats, juge, procureur de la Couronne);
  • de comprendre la nature de la poursuite, ni les conséquences d’un plaidoyer de culpabilité ou d’un mensonge sous serment;
  • de communiquer avec son avocat pour assurer sa défense.

Au Québec, un accusé est considéré apte jusqu’à preuve du contraire.

« inaptitude à comparaître » et «  responsabilité criminelle »

Attention : ne pas confondre « inaptitude à comparaître » et «  responsabilité criminelle ». La première expression désigne l’aptitude à comprendre et à subir un procès, tandis que la seconde réfère aux intentions et à la compréhension au moment du crime.

Une personne peut donc être évaluée comme étant inapte à subir son procès, mais criminelle responsable pour ses actes. L’un n’empêche pas l’autre et vice versa.

Dans la situation de M. Fredette, il est tout indiqué de se questionner sur son aptitude, suite à une tentative de suicide. Sa responsabilité criminelle dans son geste n’est pas remise en cause pour autant.  L’intention criminelle est d’ailleurs le point central des analyses et enquêtes judiciaires.

Les chefs d’accusation

Étant apte à subir son procès, M. Fredette fait face à plusieurs chefs d’accusation.

C’est au Palais du Justice de St-Jérôme qu’aura lieu le procès. Une première comparution a eu lieu le 25 septembre dernier. M. Fredette est alors accusé du meurtre au second degré de sa conjointe, Mme Véronique Barbe. À ce moment, aucun chef d’accusation n’est déposé concernant le décès de M. Yvon Lacasse, puisque l’enquête suit toujours son cours.

En revanche, M. Fredette se doit de respecter une liste d’interdiction de contact, notamment avec les proches de Mme Barbe et de M. Lacasse, et potentiels témoins.

Le 31 octobre, une deuxième comparution eu lieu à St-Jérôme. Les enquêtes se poursuivent et M. Fredette est maintenant accusé du meurtre prémédité de Mme Barbe. En raison d’un historique d’harcèlement criminel avant l’événement, éliminant l’hypothèse du meurtre au second degré.

L’homme fait également face à une accusation du meurtre non prémédité de M. Yvon Lacasse.

Aucune accusation n’est portée pour l’enlèvement de l’enfant.

Rappelons que M. Fredette est détenu jusqu’à son procès; date à déterminer. Un dossier à suivre.

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